L'Histoire du Motobu Udundi Le Motobu Udundi a été fondé
par Sho Koshin Motobu Oji Chohei, sixième fils du roi Sho Hitsuo, dixième
roi de Ryu Kyu de la deuxième dynastie du règne de la famille Sho. Cet art s'est transmis de génération
en génération au sein de la famille Motobu, la famille royale de Ryu Kyu.
Udundi provient du mot "Udun", qui signifie "être en
possession des statuts de la famille royale"-"Motobu Udun"
veut donc dire "de la famille royale de Motobu"-et du mot
"Ti" ou "Te", terme exprimant la main, et par
extension le Bujutsu "I'art martial". Par conséquent, "Motubu
Udundi" ou "Udun-Ti" signifie "le Bujutsu de la Maison
Royale de Motobu".
On retrouve le Ti ou Te dans
Kara-Te, qui, depuis le début de la période Showa, a été écrit en japonais
avec des caractères qui signifient "vide" et "main",
alors qu'à l’origine il était écrit avec des caractères (Kanji) différents
pour "Kara", qui se traduisait par le terme "chinois",
et qui exprimait le fait que le Karaté était un Bujutsu qui provenait de
la Chine.
En tant qu'art martial secret
(Bujutsu)
de la famille royale Ryu Kyu, le Motobu Udun Ti fut gardé au sein de la
famille Motobu, et transmis de père en fils aîné. On dit que le
premier-né de la famille commençait l'entraînement dès l'age de six
ans et complétait sa formation lorsqu’il atteignait l'age initiatique
de passage au monde adulte. Le secret était d'une telle nature que les frères
moins âgés ne pouvaient même pas regarder les entraînements. C'est
pourquoi l'existence de cet art, sans même faire allusion à ses aspects
purement techniques, a été si peu connue du reste des mortels. Quand Okinawa était encore le
royaume Ryu Kyu, le Motobu Udun Ti était donc enseigné en secret à ceux
qui appartenaient à la famille royale des Motobu. C'est le torrent d'événements
historiques qui ont succédé la restauration Meiji qui m'a permis, même
sans faire partie de la famille Motobu, de bénéficier de l'enseignement
de cet art par Choyu Motobu, de la onzième génération des maîtres. Les techniques spirituelles du Maître
Choyu Motobu Choyu Sensei disait toujours que
les techniques du roi de Ryu Kyu, en d'autres termes, le Motobu Udundi, étaient
une manifestation du divin. Moi même j'ai mainte fois affronté le Maître
Choyu pendant l'entraînement, mais je ne suis jamais arrivé à le
toucher, même pas lorsqu'il était âgé de soixante-dix ans. Il semblait
vraiment posséder des dons divins. Je crois que s'il avait été attaqué
par plusieurs combattants, il aurait pu les abattre sans leur produire des
dommages importants. Malgré son adresse que d'ailleurs il masquait, il
essayait toujours d'éviter les situations ou l’usage du Bujutsu pouvait
devenir inévitable. "Tu dois pratiquer sans arrêt tout au long de
ta vie pour approfondir l'essence du Bujutsu, mais rappelle-toi qu’il
est préférable que tu orientes ta vie de façon à ne jamais devoir
faire usage du Bujutsu que tu as appris". Choyu Sensei était certes
un personnage remarquable, qui faisait toujours son possible pour résoudre
en bons termes toute sorte de conflit.
Il était une sorte d'expert
martial pétri de vertu, qui maîtrisait ses adversaires sans les blesser
et leur indiquait la voie à suivre pour se redresser. Pour parvenir à ce
point, il est très important de perfectionner les techniques jusqu’à
un niveau qui devra surpasser de beaucoup l´adresse de vos adversaires.
Par conséquent il faut s'entraîner de façon stricte et constante, sans
relâchement la pratique quotidienne. De même, pendant l'entraînement,
il est essentiel de traiter le corps de notre adversaire comme s'il s’agissait
du notre, et d'éviter dans la mesure du possible d'éventuelles blessures,
juste pour exhiber notre puissance. Les pratiquants de Motobu Udundi
doivent maintenir ces principes tout au long de l'entraînement et ne
jamais les abandonner. Je pense que même aujourd'hui je peux pratiquer et
me sentir en forme grâce aux enseignements de Choyu Sensei et que
j'essaierai de les suivre tant que je pourrai me conserver aussi actif que
maintenant. Techniques caractéristiques du
Motobu Udundi Techniques contre plusieurs
adversaires Les techniques du Motobu Udundi
ont été créées dans l'intention de combattre contre plusieurs
adversaires. C'est la raison pour laquelle les techniques sont exécutées
en déplacement. Les pratiquants ne doivent jamais arrêter de se déplacer,
pas même un instant, jusqu'à ce que le dernier ennemi ait été éliminé
et le conflit terminé. Le déplacement, donc est perçu en Motobu comme
un aspect absolument prioritaire. Un seule technique. un seul coup. pour
chacun des adversaires. Au cours d´un combat avec plusieurs adversaires.
I'objectif est d'en attaquer un seul à chaque fois.
Ainsi la réalisation de tout
mouvement superflu pourrait être fatale lors d'un combat réel. Au Motobu
Udundi nous n'exécutons pas de mouvements préparatoires avant la réalisation
d'une technique, comme par exemple, baisser la hanche, porter le poing à
la hanche pour gagner de la longueur dans la frappe. Nous n'adoptons non
plus aucun type de posture (Kamae) devant l'adversaire. Lorsque nous
bloquons ou que nous nous défendons d'une attaque, nous bougeons de façon
continue dans des directions qui nous amènent aux "angles morts ¨dans
les lignes d'attaque et de défense de notre adversaire et nous exécutons
nos techniques en "Sen no Sen" pendant que nous mettons notre
corps hors de portée de ses coups, de façon à ce que nos armes ne
touchent jamais les leurs, en évitant ainsi qu'elles soient endommagées
par le contact. En règle générale, les épées et autres armes avec
tranchant sont utilisées par paires, la maîtrise des armes avec les deux
mains étant en effet une caractéristique du Motobu Udundi.
Seikichi Uehara tori Boulahfa Mimoun uke
Lors d'un combat contre plusieurs
adversaires, il faut être très attentif à toutes les actions, ne pas
cligner des yeux, de façon à contrôler chacun des mouvements de nos
adversaires. Nous laissons le regard sur un point fixe et essayons de
percevoir toutes les situations comme un ensemble. Il est extrêmement important de garder notre pensée libre et
de bouger dans un état de "non-pensée" et de détachement,
mais il faut également pouvoir réagir ou contre-attaquer à tout moment,
si jamais un de nos adversaires semble avoir l'intention de bouger. De la main vide aux techniques
avec armes et à la Danse Guerrière L'entraînement du Motobu Udundi
commence par les mouvements de base du Tai-Jutsu, les techniques à main
nue, que ce soit des attaques de jambes ou de poings. Ces techniques de
base sont utilisées pour l’entraînement du corps. Fondé sur ces
principes, le pratiquant se dirige vers la maîtrise d'une vingtaine
d'armes. L'essence et la clef de cette connaissance est l'entraînement à
l'épée.À travers le perfectionnement du maniement de l’épée, le
pratiquant acquiert des mouvements qui peuvent être appliqués aux autres
armes. Une fois acquise la maîtrise de celles-ci, I'étudiant commence la
phase la plus avancée de la défense sans armes: le "Tui-Ti". Au début de la pratique du Tai
Jutsu, l'étudiant apprend ce que l'on appelle les aspects "durs".
techniques développées pour abattre l'adversaire d'un seul coup. Le propos du "Tui-Ti" est de
développer et de maîtriser les principes de la "souplesse",
qui permettent de contrôler l'adversaire sans lui produire un dommage
excessif.
Le perfectionnement des
techniques du "Tui-Ti" rend possible la défense contre
n'importe quel adversaire qui porte toute sorte d'armes. La façon de
saisir la main d'un adversaire, et de la manipuler suivant les techniques
du "Tui-Ti" est très similaire aux mouvements utilisés dans le travail d'arme du Motobu
Udundi. C'est la raison pour laquelle il est si difficile de maîtriser le
"Tui-Ti" sans avoir reçu auparavant un apprentissage de
l'utilisation des armes. De même les techniques du "Tui-Ti"
sont très impossibles à acquérir si notre corps est rigide, car les
points de force du corps doivent rester relâchés. Les pratiquants du Motobu Udundi
travaille leur corps dans une première phase. en pratiquant des
techniques d'un style dur. Cet entraînement utilisé comme
base permet aussi de commencer à apprendre comment utiliser Ies
mouvements souples pour contrôler notre adversaire. Car les mouvements ne
deviennent durs qu'au moment du contact ou de l'application. Ce qui doit
vous indiquer clairement que les mouvements durs, les techniques
puissantes, ne peuvent jamais, même dans cette première phase, être
considérées de façon isolée. La souplesse et la dureté s'unissent
dans tous Ies mouvements, dans toutes les techniques.
Pour obtenir une adresse réelle,
il est nécessaire de suivre une méthode d'entraînement correcte. L'étudiant
doit, en premier lieu, perfectionner les mouvements de base moyennant la
pratique du Tai Jutsu, qui comprend les coups de pied et les coups de
poing, et la pratique d'une méthode d'entraînement Motobu Udundi, pour
consolider et renforcer les mouvements et Ies gestes par une base physique
solide. Une fois compris ces principes, nous pourrons créer des milliers
de techniques différentes. Par contre, si nous ne suivons pas cette démarche
simple, le pratiquant se verra d'emblée frustré de la possibilité
d'atteindre l'essence profonde des enseignements "Okugi" du
Motobu Udundi. La pratique continue et la
construction d’un répertoire de techniques fondées sur la dureté et
la souplesse nous mèneront au sommet des techniques des arts martiaux
appelé "Mai" ou danse. La maîtrise d'une série de mouvements,
dont l'objectif est de répondre souplement et avec une grande efficacité
à n'importe quelle action de notre adversaire. C'est le couronnement du
Muidi' la danse martiale. 'Muidi" est la phase la plus élevée du
Motobu Udundi. Quand je décris le "Muidi' comme une danse, je ne
parle pas d'introduire des mouvements du Motobu dans des Katas et de
danser tout simplement au son de la musique. "Muidi" est quelque
chose de bien différent. Arrivés à ce
point, le "Gukui",
ou principe du "TuiTi", et l'utilisation de plusieurs armes sont
liés a ce principe de souplesse, et donnent lieu aux mouvements du "Muidi",
une espèce de danse de guerre. Lorsque le pratiquant a éliminé tout
mouvement "brusque" et tout déplacement superflu, quand il a
atteint le sommet dans l'exécution des mouvements martiaux, sans que cela
soit le but recherché, I'ensemble devient gracieux et élégant. Le
"Muidi" doit apparaître à lui comme quelque chose de plus
profond qu'une simple danse. Le pouvoir terrifiant est caché à l'intérieur
de chacun de ses mouvements souples, à l'intérieur de cette légèreté...
que les gens mal informés considéreront comme inefficace. L'Esprit du Motobu Udundi Ii y a certaines matières que
les pratiquants de Bujutsu doivent maintenir au premier plan de leur
esprit. Comme "Bujutsu des chevaliers et de la Maison Royale",
le Motobu Udundi fournit un certain nombre d'avertissements. Je vais en
citer quelques uns, tels que mon Maître me les indiquait, et tout d'abord
celui-ci: "Ne te fais point d'ennemis
par ta propre volonté. Gagner d'un coté, c'est perdre de l'autre, si la
droite est vainqueur, il faut bien que la gauche soit vaincue." Un
Bujin, un guerrier, doit éviter
à priori les conflits, moyennant tous les efforts possibles de sa part,
éviter de se créer de nouveaux ennemis. C'est pour cette raison que mon
maître m'a appris à rester prudent, aussi bien en ce qui concerne la
parole que les actions, lors des combats d'entraînement et les mi-jeux
tels que la lutte libre. On doit conserver un caractère prudent en
laissant perdre la gauche pour que la victoire soit pour la droite,
laisser notre adversaire conserver son prestige est une façon efficace d'éviter
des conflits superflus. Tu ne dois jamais chercher des adversaires dans le
seul but de montrer vainement ton adresse et ta force. D'autre part, le Motobu Udundi
conseille de ne pas blesser l'adversaire quelles que soient les
circonstances. Ceci est évident lors de l'entraînement, mais même dans
le cas d´un affrontement réel, il faudra éviter de blesser l'ennemi.
Non seulement c'est très désagréable pour l'autre, mais ceci rend plus
puissante son amertume, et sa rancune se prolonge de façon parallèle à
la blessure subie dans le conflt. En blessant notre adversaire nous
risquons de créer d'innombrables conflits futurs. Un bon expert martial contrôle
son adversaire en devinant l'attaque de l'adversaire sans provoquer de
gestes irrémédiables et en l´invitant à la paix et au redressement. Le
Sensei disait: <<fais attention à l'application de tes talents,
essaie de contrôler la situation sans que celle-ci puisse entraîner de
nouveaux conflits". Arrivé à ce point, il est essentiel de
perfectionner les techniques jusqu'à ce qu'elles surpassent de beaucoup l´adresse
des adversaires. Il faut s´entraîner de façon stricte et constante,
sans relâchement dans la pratique quotidienne.
Le Bujutsu ne doit jamais être
utilisé au détriment de notre propre famille. Le guerrier doit
contribuer à l'édification de la société et doit tenir également son
rôle auprès de sa famille. Pour mener ses entraînements de façon
ordonnée, il faut absolument assurer les besoins du noyau familial. Il
est important de faire attention à la santé et de maintenir la paix au
sein du groupe. Le Sensei affirmait qu'en premier
lieu il faut nous assurer un emploi et prendre en charge notre famille,
pour ensuite pouvoir fonder nos entraînements sur cette base. Partant du
fait que le principe essentiel du Bujutsu est la protection de ta vie et
de celle des membres de ta famille, tout cela manquerait de sens si nous
appliquions le Bujutsu sans tenir compte de celle-ci. Aussi faut-il suivre
un autre type d'activité à côté de nos entraînement. Nous préparer pour la réalité
implique que lorsque nous voudrons faire usage du Bujutsu... il faudra
toujours considérer que sûrement deux tombeaux seront nécessaires. L'un pour notre adversaire,
I'autre pour nous-mêmes. L'objectif du Bujutsu est bien celui de protéger
notre personne mais aussi notre famille, et nous devrons alors combattre
avec notre adversaire jusqu'à la mort. Par conséquent nous devrons nous
préparer pour celle-ci. D'ailleurs, si nous restons vivants et que nous
enterrons notre adversaire, il est possible que les fils et les amis de
celui-ci nous défient à nouveau. Le Sensei disait "N'oublie jamais
lorsque tu utilises le Bujutsu, que deux tombeaux attendent patiemment...
" et c'est la raison pour laquelle il conseillait de ne jamais
utiliser le Bujutsu, que ce soit violemment ou légèrement. Même en maîtrisant parfaitement
cet art, il vaut mieux ne jamais avoir à l'utiliser au cours de notre vie. Le pratiquant de MotoLu Udundi ne
doit jamais abandonner et maintenir son niveau technique et sa vigilance
tout au long de son entraînement. Il doit toujours prendre garde et
essayer d'éviter de gêner les autres en utilisant des gestes ou des mots
mal choisis. Rappelons aussi l´importance pendant l'entraînement, de
traiter le corps de l'adversaire comme si c´était le notre. L'Entraînement Motobu Udundi Ma période d'entraînement Depuis l´age de douze ans et
jusqu'à mes vingt ans environ, je ne pratiquais qu'avec Choyu Sensei.
Notre entraînement avait lieu trois fois par jour, le matin, l’après-midi
et le soir. Il était extrêmement fatigant. Choyu Sensei, non seulement
m'a appris les techniques du Bujutsu, mais aussi les liens des gestes
purement martiaux avec ceux de la vie quotidienne, tels que la façon de
nouer un foulard ou la simple action de manger. Je ne puis vous décrire
tout ce qui m'a été enseigné, mais j'essaierai de citer les aspects
parmi les plus importants.
Le déplacement J'ai très vite appris à me déplacer
vers l'avant et vers l'arrière sur l'avant du pied, en maintenant le
poids du corps sur la base des orteils et en conservant les genoux tendus.
Je devais marcher en élevant la poitrine et en étirant mon corps comme
un bâton, le Hara ou l'abdomen comme centre autour duquel je devais
bouger mon corps. Je fixais des pièces de bois derrière mes genoux que
j'attachais avec des bouts de tissu pour prendre l'habitude de marcher
avec les jambes complètement tendues. Pratiquer le coup de poing J'ai commencé à étudier ce
coup à l'estomac sur mon maître, avec le poing en position Seiken (fermé).
Frapper le Makiwara (piquet en bois avec du cuir ou des cordes sur la
partie supérieure) n'était pas permis, car le fait de frapper des êtres
non vivants ne prépare pas pour combattre avec des personnes en mouvement.
Lors du combat nous utilisions Nukite (coup avec la pointe des doigts). Le
Nukite du Motobu Udundi utilise le pouce étiré et parallèle au reste
des doigts, ce qui le distingue des autres systèmes, qui le replient. Je
pratiquais mon Nukite en frappant le sable de la plage du bout des doigts.
Un exercice très difficile: casser une planche en bois de cèdre d'une épaisseur
de trois centimètres.
Pratiquer le coup de pied Pour pratiquer le coup de pied,
j'attachais un bout de tissu à une tige de bambou à la hauteur de visage
et je m'entraînais à toucher le tissu avec la jambe étirée, un coup
propre au Motobu Udundi. Ce coup de pied est exécuté avec les deux
jambes allongées, aussi bien celle qui frappe que celle qui conserve l'équilibre,
en maintenant celle-ci sur la pointe des doigts de pied lorsque nous
allongeons la jambe qui frappe, et sur le talon lorsque nous descendons la
jambe. Ensuite, le pas suivant
consistait à apprendre à pratiquer le coup de pied avec les jambes
allongées et en maintenant les bras tendus parallèles au sol, en
soutenant des deux mains des cailloux suspendus dans des chiffons. Si mon
corps se balançait quand j'exécutais le coup de pied les cailloux se
balançaient aussi et me frappaient les jambes. C'est ainsi que j'ai appris à
maintenir mon corps droit et stable pendant les coups de pied. J'ai
commencé avec des cailloux de 600 grammes, poids que j'ai progressivement
augmenté jusqu’a 1800 grammes. Plus tard, j'ai appris à donner des
coups de pied en frappant en biais vers mon épaule opposée et en
arrivant même à casser une planche placée dans cette direction. Ensuite
j'ai appris à casser des planches situées juste derrière ma tête. Je pratiquais également des
coups de pied sautés en essayant de casser de petites branches d'arbres,
et je sautais des murs de pierre ou de toute autre position élevée, en
donnant un coup de pied et en frappant des deux mains simultanément
pendant l'envol et en répétant rapidement l´opération dès que je
touchais le sol.
Entraînement au Saut Je pratiquais le saut couché sur
le dos, sans plier les genoux, en n'utilisant que mes chevilles comme
ressorts. J'ai commencé à l'age de douze ans et à dix-sept ans j'étais
capable de sauter par dessus un mur en pierre situé à la hauteur de mon
bras levé, rien qu´avec la seule puissance de mes chevilles et une main
en soutien. Entraînement à la perche Dans le but de pouvoir m'échapper
entourés d'ennemis, je m'entraînais avec un bâton en bambou, que
j'utilisais pour sauter d'un mur en pierre à un autre, et du haut d'un
toit à d'autres points également élevés. Entraînement d'hiver au bord de
la mer Depuis l'age de dix-huit ans, et
une fois tous les trois jours, pendant les mois d'hiver, le Sensei et moi
nous nous placions l'un en face de l´autre, (lui face a la plage, moi
face à la mer), debout, avec de l'eau à hauteur de la nuque, un pantalon
court comme seul habit, et nous chantions alors à plein poumon. Pratique avec les jarres en terre
cuite Je pratiquais avec des jarres en
terre cuite (pas en verre) en introduisant nos doigts à l'intérieur et
en les étirant vers l'extérieur pour essayer de maintenir le récipient
comme un gant, en supportant son poids sans qu'il m'échappe. Chacune des
jarres avait une hauteur de trente centimètres et une ouverture de quinze
centimètre de diamètre Chaque fois je me sentais plus fort et j'ajoutais
du sable pour augmenter leur poids.
Je les utilisais aussi comme
support en appuyant la nuque et les chevilles, tout en maintenant mon
corps droit et rigide comme un planche, en gardant les bras parallèle au
corps et les jarres formant une sort de pont. Plus tard, je pratiquais
cette position tandis que le Sensei frappait et poussait mon abdomen.
Quelque temps après j'arrivais à maintenir mon corps sans fléchir même
lorsqu´il montait sur mon estomac et qu’il se balançait dessus. La chasse aux oiseaux Je pratiquais la chasse aux
oiseaux ave une branche en bambou très légère avec un boule de pâte de
riz très collante sur l’une des extrémités. Lorsque l'oiseau voulait
s'envoler, je touchais ses pattes avec la colle de riz de façon à le
capturer sans lui faire du mal ou le blesser. L'objet essentiel de cet en
traînement était le contrôle du pouls et la perception du rythme
respiratoire (Kokyu) de l'adversaire et de ses temps de réaction. Entraînement équestre Ce que j'appris en premier tut
comment monter à cru et comment monter un cheval au trot. Ensuite je suis
monté avec des armes différentes telles que l'épée longue (Tachi), la
lance (Yari), la lance-sabre (Naginata). Entraînement au combat Il était rapidement devenu
essentiel que je conçoive mes études des arts martiaux en évitant dans
la mesure du possible les combats avec des gens qui ne voulaient que démontrer
leur adresse. Si l'on savait que j'étais pratiquant de Bujutsu, je serais
sûrement défié en 'Kakedameshi", c'est à dire combattre pour
mesurer les niveaux respectifs d'adresse. C'était un moyen à l'époque
d'acquérir une plus large expérience dans le domaine du combat. Ceci me
rappelle que beaucoup de jeunes gens laissèrent leurs vies sur le chemin
de ce type de rencontres "Kakedameshi"... Choyu Sensei étaient
contre ce genre de combats, qu'il interdisait tout naturellement. Quelquefois j'assumais les
fonctions de "sparring-partner"pour d'autres pratiquants qui
venaient apprendre avec le maître, ou lorsque j'accompagnais le Sensei
visiter d'autres "Shihan". Il y avait une pratique amicale
à l'époque: les gens socialement élevés se tachaient les mains de
cette cendre noire que les casseroles laissent dans leur partie inférieure,
tandis que les moins favorisés les tachaient avec de la farine blanche.
On pouvait décider qui serait le vainqueur en fonction de la position et
du nombre de tâches que chacun des combattants avait placé sur le corps
de l'autre. Les combattants de bas rang utilisaient des couleurs claires
car il était incorrect de tacher de couleurs très apparentes le corps
des vétérans. Apprendre les connaissances et la
dextérité du guerrier Dans la pratique quotidienne,
Choyu Sensei m'a appris l'étiquette et d'autre choses que je devais
savoir pour parvenir à la maîtrise du Motobu Udundi. Il m'a appris
tellement de choses... I'attitude correcte lors des entraînements, les
connaissances et les techniques devant être utilisées aussi bien dans le
champ de bataille qu'au cours de la vie quotidienne...
La première chose qu'il m'a
appris a été la purification de mon corps et le nettoyage de mes vêtements
avant tout entraînement. Les arts martiaux impliquent
toujours un certain degré de risque, et, si par un malheureux hasard et
par erreur, tu meurs pendant un entraînement, tu dois être le plus
correct possible, en évitant des situations "indiscrètes" et
une figure désagréable. A l'âge de dix-huit ans j'ai
appris les façons correctes à adopter par le guerrier pour entrer ou
sortir des chambres, ainsi que la façon de se tenir dans les maisons.
J'ai également appris à utiliser les objets ordinaires comme des armes
pour répondre à n'importe quelle attaque inattendue. Les objets les plus
usuels tels que les baguettes (pour manger), les pipes pour fumer et les
balais du jardin entre autres, peuvent devenir des armes redoutables.
Concernant le régime alimentaire, j'ai également été instruit. Par
exemple, je devais inclure dans mon régime quotidien des bouillies de riz,
des "Nigana" (sorte de salade) et le pissenlit comme herbe médicinale. J'ai aussi appris comment me préparer
pour la bataille, dans ma condition de soldat. Que ce fusse la façon de
nouer le foulard sur la tête, I'alimentation, qui devait ne comporter que
des gâteaux de riz (Mochi) et des pâtes. J'ai appris à préparer des
"Metsubushi" (poudre que l'on jetait aux yeux de l'adversaire
pour l'aveugler ou le distraire momentanément), à construire des armes,
à aiguiser et à réparer des épées abîmées, à nouer une corde à la
poigné de l'épée, et des milliers d'autres choses. Plus tard, j'ai
appris à m'orienter d'après la lune, le soleil et la direction du vent.
Comment profiter de la topographie du champ de bataille. Les techniques de
bataille à cheval et comment monter à cru lorsqu'on est poursuivi par
plusieurs ennemis. J'ai appris aussi bien d'autres choses concernant les
techniques de survie, qui m'ont servi tout au long de ma vie.
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